La lutte contre la corruption toujours au point mort

Tsa; le Samedi 12 Decembre 2015
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Les scandales de corruption ne cessent d’éclater en Algérie. Après l’affaire Khalifa, le scandale de l’autoroute Est-Ouest, les scandales de corruption Sonatrach, l’affaire de corruption de la CNAN et de l’Anesrif (projets ferroviaires), voici qu’une nouvelle affaire de corruption impliquant l’Algérienne des Eaux fait son apparition. Le scandale concernerait un contrat de construction et de montage d’une canalisation dans le cadre du projet de station de dessalement d’eau de mer à Souk Tleta, d’un montant de 250 millions d’euros.
Ces affaires révèlent l’ampleur de la corruption en Algérie, au point où l’on se demande s’il ne serait pas plus simple de partir du principe systématique que tous les gros contrats signés sont teintés de corruption, jusqu’à preuve du contraire.
Du côté du pouvoir et du gouvernement, c’est une nouvelle fois encore un silence absolu qui accueille la nouvelle affaire de corruption impliquant l’Algérienne des Eaux. Le silence gêné s’explique par le fait que les autorités portent une grande partie de la responsabilité dans l’établissement d’un climat propice à la corruption en Algérie.
Dans les plus hautes sphères, le sujet est tabou. Les raisons de la généralisation de la corruption sont nombreuses. Parmi lesquelles figure l’inefficacité des dispositifs officiels de prévention et de lutte contre la corruption. Les institutions en charge de la lutte contre ce phénomène ont failli à leur mission de protection de l’économie nationale. L’appétit vorace de certains responsables algériens pour les pots-de-vin a terni l’image du pays et fait perdre à son économie d’importantes ressources en devises.
L’autre facteur à l’origine de la généralisation de la corruption est la décision prise par le président Abdelaziz Bouteflika en 2006 de ne plus recourir à l’endettement extérieur et d’opérer sur fonds propres dans le financement des grands projets. En faisant plutôt appel aux grandes institutions internationales comme la Banque mondiale, l’État aurait pu s’appuyer sur l’expertise et la transparence de ces institutions afin d’éviter le pullulement des dossiers de corruptions. L’État a préféré jouer la carte de la souveraineté, et a donné ainsi d’immenses moyens à des cadres et des dirigeants d’entreprises publiques à la sortie d’une décennie noire ayant fait des dégâts considérables à l’économie algérienne.
Du côté de la justice algérienne, les enquêtes sont au point mort et l’opacité continue de régner. La lutte contre la corruption s’est éteinte en arrière-plan, dans l’indifférence générale.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Radia Touri

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