Le bidonville de la Bibliothèque nationale 

Tsa; le Dimanche 20 Decembre 2015
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Il m’arrive d’aller à la bibliothèque nationale par des chemins très peu empruntés. Et chaque fois je tombe sur un bidonville qui n’a même pas de nom. Ce qui me frappe, c’est qu’à chacun de mes passages, il grossit à vue d’œil et s’étend sur ses arrières sur une grande distance.

Fatras de toiles et de goudron enchevêtrés les uns dans les autres ; avec un tas d’enfants qui jouent insouciants de l’entourage infernal, insalubre et lugubre dans lequel ils vivent. Avec des mamans patientes qui surveillent le linge qui sèche parmi les miasmes et les vapeurs de gaz carbonique.

Espace clos avec des citoyens enfermés dans leur schyzophrénie due à cette solitude et ce mépris dans lequel ils vivent, oubliés des dieux et des hommes.
Et au détour de ce bidonville apparaît la Bibliothèque nationale, joyau d’architecture moderne, voire avant-gardiste, avec son parc gazonné et gaiement fleuri, comme une citadelle du savoir et où grouille des dizaines d’étudiantes et d’étudiants qui ont l’air heureux.

Mais savent-ils ces étudiants qu’à 30 mètres de  leur « biblio », il y a un misérable bidonville dont les habitants sont des « écartés » de la vie et de la ville ; des non-citoyens ?!

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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