Les abysses de Badreddine Mili

Tsa; le Jeudi 24 Decembre 2015
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Badreddine Mili nous avait donné en 2009, un magnifique roman, « La brèche et le rempart », que la presse avait salué à l’époque mais dont on n’a pas assez signifié l’importance de la rupture profonde qui le caractérisait par rapport au roman algérien contemporain et passionné de modernité. Ce roman suintait Constantine et sentait Constantine et il apportait à la nouvelle littérature une certaine vision et une certaine sensibilité du monde et de l’Algérie. Un souffle à la fois épique et frôlant l’abstraction. Dans ce roman, le particulier s’adossait constamment au général. C’est-à-dire l’intime fonctionnait grâce au moteur puissant de l’Histoire.
Dans le deuxième roman, « Les miroirs aux alouettes », Badreddine Mili ressasse encore Constantine et ressasse cette nostalgie d’un pays rêvé à travers le triomphe de la guerre de libération. Et là encore, et toujours, il y a cette intuitivité du monde et de l’humain que Cirta absorbe et résume d’une façon magique et talentueuse.
Dans le dernier roman (de cette trilogie ?) paru cette année, « Les abysses de la passion », Badreddine Mili nous propose une lecture de la décennie noire/rouge; c’est-à-dire des dix ans de calvaire subi par l’Algérie de 1988 à 1998. Une lecture qui se fait à travers le diagramme de la vie ordinaire des gens sidérés par la cruauté islamiste due – certainement – aux ratages de l’indépendance et à la main mise sur le legs national par une poignée de « salauds ».
Ainsi à travers la saga d’une famille constantinoise affleure une réalité à la fois abyssale et aérienne.
Ce roman ? Un vrai roman comme on en a pas lu depuis quelque temps. Jubilatoire!

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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