Les données des transactions bancaires des Algériens en danger

Tsa; le Lundi 21 Decembre 2015
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La Société d’automatisation des transactions interbancaires et de la monétique (Satim) ne dispose pas de site de secours (back-up) pour sauvegarder la base des données et l’historique des transactions bancaires en Algérie en cas de sinistre (séisme, incendie, inondation…). Nous avons contacté la Directrice générale de l’organisme, Newel Benkritly, pour obtenir de plus amples informations. Compte-rendu.
Pas assez de volume transactionnel
Interrogée sur les raisons de l’absence d’une solution de secours, Benkritly affirme que c’est une question de volume des transactions : « Au départ, nous avons évalué le coût du risque par rapport au coût de l’investissement pour une solution de ce qu’on appelle un back-up à chaud [une installation secondaire, NDLR] ». Selon la DG de la Satim, le faible volume de transactions en Algérie ne nécessitait pas de site de secours.
Cela dit, le nombre de ces échanges interbancaires se développe et augmente de nos jours, reconnaît Newel Benkritly. Ainsi, la Satim prévoit de mettre en place une solution plus sécurisée à l’avenir.
Un deuxième site fin 2016
Quand ? Dès la fin de l’année 2016, réplique Benkritly. « Le projet est inscrit » et les financements sont également disponibles, affirme la DG. Questionnée sur le montant de l’investissement, elle n’a cependant pas voulu communiquer le chiffre.
La dirigeante précise tout de même que plusieurs options s’offrent à la Satim : soit disposer de son site propre, installer les équipements au niveau d’une installation existante d’une des banques ou s’orienter vers un hébergeur. La question n’est pas encore tranchée, indique Benkritly.
Quels risques pour les données bancaires ?
La DG admet que le « risque 0 n’existe pas ». Les principaux risques sont liés aux séismes ou aux incendies, concède-t-elle. Mais elle se veut rassurante en affirmant que la Satim dispose de solutions en cas de sinistres et que la prise de risque est calculée. En effet, Benkritly affirme que tous les équipements sont « dupliqués » et un basculement vers ces équipements de secours demande un maximum de 24 heures.
Par ailleurs, interrogée sur les risques de perte des données en cas de sinistres, la DG minimise et présente les mesures de sécurité. Dans les faits, la Satim fait tout de même ce que Benkritly qualifie de « sauvegarde à froid », c’est-à-dire que les données sont stockées sur des serveurs externes « à haute disponibilité » et sauvegardées quotidiennement sur des supports numériques tels des disques durs externes, des DVD et des bandes magnétiques notamment.
Enfin, la DG rappelle que les banques et la Satim échangent les bases de données et l’historique des transactions tous les jours. Ces informations sont donc toujours disponibles au niveau des banques, qui « gardent les traces » en cas de sinistre. De toute façon, dans les pires des cas, la Satim peut opérer un redémarrage dans les 24 heures suivant un éventuel sinistre, précise Newel Benkritly.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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