Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République : Réhabilitez les martyrs du FFS !

Tsa; le Samedi 26 Decembre 2015
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Monsieur le Président,
Monsieur Hocine Aït Ahmed vient de quitter ce bas monde, que Dieu ait son âme ! Vous lui avez rendu un hommage émouvant, à la hauteur du grand homme qu’il a été. Vous avez décrété un deuil de huit jours, comme il sied à l’homme et au douloureux évènement de sa disparition. Vous avez décidé des funérailles nationales pour celui qui rejoindra à jamais la terre qui l’a vu naître, qu’il a chérie toute son existence, loin d’elle malgré lui, et à laquelle il a consacré sa vie.
Cela vous honore. Mais c’est aussi le moindre de vos devoirs en tant que premier responsable du pays qui, plus est, avez vécu, comme lui, les affres de la colonisation et, comme lui, vous êtes élevé contre la spoliation et l’injustice, pour rendre sa liberté et sa dignité à un peuple qui ne demandait qu’à vivre en paix.
Je suis au regret, toutefois, de faire part de mon insatisfaction et de celle de tous ceux qui savent qu’une grande injustice, à l’égard de l’éminent disparu mais aussi d’une partie du peuple algérien, n’est toujours pas réparée. Cette injustice, il est dans vos attributions d’y mettre un terme. Définitivement !
Au-delà de son engagement pour la libération du pays, le défunt est resté fidèle au projet d’une Algérie démocratique et sociale qu’il fallait bâtir dès l’indépendance acquise. Il est resté fidèle à la promesse faite au million et demi de martyrs tombés pour que vive l’Algérie.
Il a fait ce qu’il considérait de son devoir de faire, pour que le sang des martyrs fût honoré au lieu d’être trahi. Sans doute avait-il des chances d’y arriver si un autre devoir, celui de défendre le pays contre une agression à ses frontières ouest n’était venu interpeller son sens des priorités. Je fais allusion, ici, au colonel Mouhand Oulhadj et à ses troupes.
Dans son combat pour honorer les engagements pris, pour faire de l’Algérie un État démocratique et social au service de tous ses enfants, sans discrimination, un pays où l’égalité des chances ne serait pas un vain mot et où l’émancipation et la modernité seraient garanties pour toutes et tous, le grand moudjahid Hocine Aït Ahmed a perdu de nombreux compagnons, tombés sous les balles de leurs frères.
Pour la plupart d’entre eux, ces compagnons avaient déjà fait le coup de fusil contre l’armée coloniale, pour la libération du pays. C’était des moudjahidine qui ont voulu continuer le combat pour une Algérie démocratique, libre et heureuse. On les appelle les martyrs du FFS ou, mieux, les martyrs de 1963 !
Jusqu’à ce jour, justice ne leur a pas été rendue. Ils demandent à être réhabilités. Reconnus ! Honorés ! Comme leur leader pour lequel on ne tarit pas d’éloges aujourd’hui, avec plus ou moins de sincérité.
Faites-le Monsieur le Président. Réhabilitez-les. Reconnaissez-les. Honorez-les, parce que dans le cœur du peuple ils n’ont jamais cessé de l’être.
Faites-le vite ! Avant la mise en terre de la dépouille mortelle de ce héros de la Révolution, de ce géant du combat démocratique, de ce grand humaniste et de cet impénitent défenseur du droit de toutes et de tous, de tous et de chacun, à une vie libre et digne.
Faîtes-le, parce que du haut de sa dernière demeure, Si Lhocine nous regarde. Vous regarde. Avec ce sourire indéchiffrable qui, selon les cas, pourrait signifier satisfaction, amusement ou… mépris !
Faites-le, parce que ce serait le geste qui consacrerait une réconciliation nationale véritable.
Merci, Monsieur le Président.
Gloire à nos martyrs !

*Med Arezki Boumedil est journaliste et homme politique

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Med Arezki Boumendil*

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