Précarité et discrimination : les Français d’origine maghrébine défavorisés dans l’accès à l’emploi

Tsa; le Mercredi 23 Decembre 2015
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Les Français issus de l’immigration maghrébine demandeurs d’emploi en France rencontrent plus de difficultés que les autres dans l’accès à l’emploi, révèle une nouvelle étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). « À l’heure de trouver un premier emploi, le chemin est beaucoup plus long et tortueux pour les candidats dont les deux parents sont nés étrangers en Tunisie, au Maroc ou en Algérie, que pour tous les autres », rapporte L’Express ce mercredi.
L’analyse révèle que les jeunes d’origine maghrébine sont défavorisés à chaque étape de leur parcours, non seulement par rapport aux Français d’origine française, mais aussi vis-à-vis des jeunes issus de l’immigration d’Europe du Sud, Portugais en tête. Quand les jeunes issus de l’immigration d’Europe du Sud passent en moyenne sept mois au chômage dans les sept premières années de leur vie active, les enfants d’immigrés maghrébins passent quant à eux jusqu’à 27 mois à la recherche d’un emploi.
Les Français d’origine maghrébine sont également plus assujettis à l’enchaînement d’emplois précaires, leurs délais d’obtention d’un contrat stable étant en effet beaucoup plus long avec une plus grande période d’alternance entre travail et chômage.
Selon l’étude, une partie de ces inégalités s’expliquerait par les difficultés sociales et économiques que rencontrent les Français d’origine maghrébine. Ces derniers restent moins diplômés, notamment à cause d’une « orientation contrariée » qui alimenterait l’échec scolaire. Néanmoins, « ces facteurs ne permettent pas de rendre compte de l’intégralité de ces écarts dans l’accès à un emploi, a fortiori un statut stable, ce qui confirme l’existence d’une discrimination à l’embauche à l’encontre de cette population », indique le Céreq.
Enfin, l’étude montre que même lorsqu’ils sont embauchés, les jeunes issus de l’immigration maghrébine « décrochent des emplois de moins bonne « qualité » que leurs homologues nés de parents français », un « désavantage » qui  ne se retrouve pas chez les jeunes originaires d’Europe du Sud. L’étude précise que les salariés d’origine maghrébine sont surreprésentés dans les emplois précaires et le sous-emploi, tels que des Contrats à durée déterminée (CDD) ou des contrats d’intérim. Leurs salaires seraient également plus proches du salaire minimum (smic), dans des emplois sans perspective d’évolution.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Yacine Babouche

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