Privatisations, carburants, règle 49/51 : les explications de Abderrahmane Benkhelfa

Tsa; le Lundi 14 Decembre 2015
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L’ambiance était calme ce matin au Sénat, qui recevait le ministre des Finances Abderrahmane Benkhelfa, pour la présentation du projet de Loi de Finance 2016. Le ministre, il faut le souligner, était devant une assistance qui lui était complètement acquise, contrairement à son passage à l’APN qui a été émaillé par des altercations verbales et physiques entre les députés et une résistance fort au projet du gouvernement, même au sein du FLN.
Dès l’ouverture de la séance, le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, de retour après plusieurs mois d’absence, donne le ton et trace les lignes rouges aux sénateurs : « J’invite les intervenants à ne pas entraîner le Sénat dans des débats stériles qui de surcroît ne le concernent pas », lance-t-il. En bref, Bensalah a appelé les élus à discuter seulement des dispositions des projets présentées par le gouvernement.
Benkhelfa a profité de ce climat apaisé pour revenir en détail sur les mesures prises dans le cadre de ce projet de loi. « L’État se dirige vers une gestion pragmatique de ses ressources pour faire face à la baisse des revenus », note-t-il. Selon le ministre, le déficit budgétaire est structurel et non conjoncturel, même s’il reconnait que cette situation menace sérieusement les équilibres financiers du pays. Le ministre a estimé que le gouvernement se devait d’agir et prendre des mesures audacieuses sans toutefois abandonner les couches sociales les plus défavorisées. C’est dans le cadre de cette nouvelle orientation économique du pays que « le gouvernement a tranché en faveur d’une augmentation raisonnable sur les prix de l’électricité et des carburants ».
Dans son intervention sur les articles remis en cause par le gouvernement, comme le cas de l’article 66 qui ouvre le capital des sociétés publiques aux privés : « J’aimerais rassurer les Algériens sur le fait que cette ouverture ne concernera en aucun cas les grandes sociétés stratégiques comme Sonalgaz », souligne-t-il.  L’ouverture du capital va profiter exclusivement « aux sociétés nationales résidentes, après un avis favorable du Conseil national d’investissement (CNI) ». La règle 51/49 est maintenue « et même élargie à d’autre secteurs », explique-t-il.
Quant à l’endettement extérieur, la question ne semble pas être à l’ordre du jour, même si elle n’est pas totalement écartée : « Le gouvernement mise sur le financement interne des projets. Nous voulons éviter le recours à l’endettement  extérieur abusif », déclare-t-il aux sénateurs. Selon le ministre, la fiscalité ordinaire couvre 60% des dépenses de gestion et 110% des dépenses de la masse salariale.
Dans leurs interventions, les sénateurs ont plaidé en faveur du projet de Loi de Finances 2016. El Hachemi Djiar, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et sénateur du tiers présidentiel, a dénoncé les attaques contre les institutions de l’État : « Les institutions de l’État ne sont ni en hibernation, ni paralysées. Il faut que cessent ces attaques », dit-il.
Le projet de loi sera adopté demain.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Achira Mammeri

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