Situation politique et économique : retour à la case départ pour l’Algérie

Tsa; le Mardi 22 Decembre 2015
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Trois mois après la mise en retraite du général Toufik, l’Algérie reste toujours au point mort. Politiquement, la révision de la Constitution, annoncée depuis bientôt cinq ans, tarde encore à voir le jour. Dans le même temps, le désastre économique annoncé pour l’Algérie prend chaque jour un peu plus d’ancrage dans la réalité. Le cours du pétrole a en effet atteint son plus bas niveau depuis onze ans. Les recettes de l’Algérie ont fondu de moitié depuis l’année dernière, les réserves de change ont été fortement entamées et finiront bientôt par se vider.
Face à la gravité de la situation, le pouvoir persiste dans son arrogance à vouloir tout faire seul. Il n’envoie aucun signe d’ouverture ou de volonté de changement. L’exemple le plus marquant de cette posture a été parfaitement illustré lors du débat autour de la Loi de Finances 2016. L’inefficacité flagrante des mesures comprises dans la Loi a été pointée du doigt, par les analystes ainsi que par les politiques. Plutôt que de faire preuve d’ouverture et laisser la place au dialogue, le pouvoir a préféré passer la Loi de finances au forceps, ratant ainsi peut-être une dernière opportunité de prévenir l’Algérie d’une catastrophe imminente.
Politiquement, la situation n’est guère meilleure. L’annonce de la révision de la Constitution n’a cessé d’être retardée, jusqu’à laisser penser qu’il ne s’agit en fait que d’une carotte suspendue au-dessus d’un peuple désœuvré. Du début à la fin, le processus censé mener à cette nouvelle Constitution aura été tenu dans l’ombre. Tout s’est déroulé derrière des portes closes, en petit comité. Tous les espoirs que cette révision de la Constitution a pu éventuellement porter ont quant à eux depuis bien longtemps disparu.
La situation dans laquelle se trouve l’Algérie ressemble étrangement à celle dans laquelle le pays se trouvait à la fin des années 1990, au moment de l’intronisation du président Bouteflika. Les indicateurs économiques étaient moroses, le pouvoir était opaque et la menace terroriste était résiduelle, mais concrète. Ces mêmes éléments peuvent être retrouvés dans l’Algérie actuelle. Est-ce à dire que les seize années de règne du président Bouteflika jusqu’à maintenant n’auront finalement servi qu’à tourner en rond ? Quoi qu’il en soit, l’Algérie est, une nouvelle fois, à la case départ. Tout est à recommencer, avec le handicap du temps perdu cette fois.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Radia Touri

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