Vous êtes le nouveau DRS !

Tsa; le Lundi 14 Decembre 2015
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Ils nous disaient par le passé que le service des renseignements DRS ne fabriquait pas les présidents et ne désignait pas les ministres, les ambassadeurs ainsi que les directeurs. Ils soutenaient également que ce service n’intervenait pas dans la vie politique et quotidienne du pays, et que c’était uniquement Bouteflika qui gouvernait et qui décidait durant quinze ans. Mais, comme par un miracle, les mêmes individus changent d’avis et admettent que le DRS constituait un État parallèle qui intervenait à tous les niveaux. C’est pourquoi, estiment-ils, il est temps d’édifier un État civil où le peuple sera souverain et où le civil aura le dernier mot sur le militaire.
Leurs déclarations signifient que c’était le DRS qui a porté le Bouteflika à la présidence de la République, que c’est le même service qui les a placés, eux-mêmes, dans leurs postes et le président n’était qu’un trois quart de président pendant quinze ans. Cela constitue une remise en doute de la légitimité de Bouteflika et de celle des institutions ayant ainsi accepté d’évoluer avec des prérogatives tronquées durant toute cette période. La vérité est qu’après leurs échecs et leurs défaillances qui ont nécessité une intervention du DRS pour enquêter sur les scandales de corruption dans lesquels ils sont directement impliqués, ils se sont ligués contre le Service des renseignements pour le démanteler et humilier ses hommes.
Leurs propos les trahissent aussi, parce qu’ils signifient que le service du DRS n’est pas d’accord avec eux et ne soutient plus leurs pratiques. Apeurés, ils l’ont cassé et vidé de ses hommes avec la complicité de la France qui s’est ainsi vengée de l’armée. Ils reproduisent les mêmes pratiques qu’ils reprochent au DRS, en kidnappant le président pour l’isoler de son peuple, tout en limogeant les personnes douteuses à leurs yeux. Ils ont mis la main sur ce qui reste encore des institutions de la République et commencent à planifier la succession de Bouteflika avec l’aide de la mafia de l’argent, devenue plus influente au sein du « nouveau DRS ».
Avec le temps, les intentions commencent à devenir claires. Il s’avère que ceux qui plaident pour un État civil à l’algérienne veulent en réalité se substituer au DRS, s’approprier du pouvoir, détourner l’État et humilier le peuple. Et cela après avoir cassé l’appareil du DRS en se vengeant de ses hommes qui ont mené les enquêtes sur les scandales de corruption et de détournement enregistrés durant la période de gouvernance de Bouteflika. Il est maintenant clair que la campagne de dénigrement dirigée contre le DRS a un but. Elle vise à éliminer tous ceux qui peuvent s’opposer à leur projet policier et dictatorial, dont les artisans sont des individus qui ont les mains souillées par l’argent sale, n’ayant pas une culture de l’État et qui ne s’imaginent pas en dehors du pouvoir, quitte à provoquer l’implosion du pays.
Toutes ces campagnes de dénigrement ayant ciblé le DRS, les limogeages et les poursuites judiciaires dirigées contre ses hommes ont un objectif. Elles consistent à se substituer à ce service dans le choix du président, du Premier ministre, des directeurs et des responsables. Ses artisans veulent asseoir leur domination sur la vie publique, en pratiquant toutes formes de menaces, de harcèlement et d’intimidations contre l’opposition, la presse indépendante, les personnalités ainsi que les hommes et les femmes qui refusent de s’impliquer dans le projet du démantèlement de l’État.
Leurs visées sont désormais démasquées. Et cela depuis leur surprenante sortie dans laquelle ils affirment que le DRS constituait un État parallèle, alors que c’était eux qui le défendaient avec acharnement par le passé. Ils n’ont osé le critiquer qu’après avoir conclu un accord avec la France et la mafia de l’argent. Cela est intervenu aussi après avoir semé la zizanie au sein de l’Institution militaire, entre l’État-major de l’armée et le DRS, en vue de prendre les commandes et décider du sort de l’Algérie et des Algériens au nom du prétendu État civil qui n’est, en réalité, que l’autre face de l’État policier.
Le « DRS bis », constitué de Saïd Bouteflika, Amar Saâdani et Ali Haddad, dévoilera prochainement le projet de la nouvelle constitution, dont certaines clauses ont été rejetées par le général Toufik. Ensuite, ils vont se retourner contre le président Bouteflika et annonceront la vacance du poste du président. Cela à l’effet de choisir aisément leur candidat, Saïd ou Saâdani, qui sera soutenu par le Front lancé par le chef du FLN auquel ont adhéré des partis, des Associations, des organisations et des personnalités créés par l’ancien DRS et qui seront utilisés par le « nouveau DRS ».
Après Bouteflika, le « DRS bis » se retournera aussi contre Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia et peut-être même contre le chef d’État-major, qui constituent un danger pour leur projet. Ils s’approprieront, par la suite, tous les pouvoirs et de toutes les prérogatives avant d’enclencher une série de mouvements de redressement contre les chefs de partis d’opposition, à l’image du MSP, du PT et de Talaiou El Houriyat, tout en muselant tous ceux qui osent critiquer leurs pratiques et leurs systèmes.
Le « nouveau DRS bis » a enclenché, d’ores et déjà, ses pressions contre les chaînes de télévision privées et la presse indépendante, en exerçant contre elles un chantage à la publicité pour les obliger à passer sous-silence les pratiques policières en cours. Le ministre de la communication a été chargé, dans la foulée, de mener les campagnes de dénigrement, directes et indirectes, contre les hommes et les femmes, ainsi que les nobles qu’ils n’ont pas pu museler ou corrompre.
Les pratiques du nouveau DRS bis sont flagrantes. Leurs conséquences seront dangereuses pour l’Algérie, dont le peuple subit provocations et chantages. Une Algérie dont les richesses sont détournées et pillées, sa souveraineté violée et sa réputation salie par un groupe de haineux qui n’ont pour souci que celui de se venger du peuple et de l’armée pour rester au pouvoir et maintenir leurs positions afin de se protéger mutuellement, mais aussi pour poursuivre le détournement du reste des richesses. Cette tâche sera facile après avoir démantelé le service du DRS, renforcé leur emprise sur les appareils de l’État et assuré le soutien de la France en lui faisant des concessions politiques et économiques inédites.
derradjih@gmail.com

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hafid Derradji

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